Jeudi 28 décembre 2017

Calé à l’arrière de la voiture de mon père, la radio vomit les dernières nouvelles; elles traversent ma vie d’enfant, sans laisser de trace visible.

Par la fenêtre, les arbres penchent du même côté de la route ; leurs os courbés et nus leur donne un air de bossu. Le long de la côte d’Opale, face au Royaume-Uni, souffle le vent du Nord, balayant le cap Gris-Nez et celui du Blanc-Nez.

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Ce jour-là, les arbres aux mains nues n’annonçaient toujours pas la venue du printemps. Il était par conséquent convenu de ne pas quitter son placard pendant les rigueurs du froid. Notre église n’avait plus de cloche et c’est bien ce qui m’inquiétait ; qui nous avertirait de la fin de l’hiver ? Depuis que les hommes avaient pris la décision de prendre congé de la nature, le dehors ressemblait de plus en plus à lui-même. Un mirage. C’était beau à pleurer.

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Histoire librement inspirée par la photo de José Parada (Pérou)
15 mars 1954, Oberwill, canton de Zurich, propriété de Jean-Pierre Damien
Ce jour-là, la neige avait cessé de tomber sur l’hiver. Elle commençait même à disparaître, annonçant la proche arrivée du printemps. Vu du côté des hommes du village, le coin d’ici n’avait rien d’une campagne riante, où tout pousserait d’abondance : il s’agissait, au contraire, d’une terre âpre, rocailleuse, de mauvais rapport, où le paysan peinait à arracher à la terre de quoi subvenir à ses besoins.

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Histoire librement inspirée par la photo de Fabien Skrzypczak (France)
Paris, le 1er mai 2013, Eric, Waclaw, Igor
ce jour-là, ils sont passés tous les trois sans prévenir. Ils m’ont dit qu’ici, c’était le seul endroit où ils devaient se réunir pour faire ce qu’ils avaient à faire. J’ai tout de suite compris, je n’ai pas pu leur dire « non », je les ai laissés entrer alors que nous étions un jour férié et que je ne travaillais pas.

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Histoire librement inspirée par la photo d’Emilien Richard (France)
Aix-en-Provence, 21 mars 2014, Adrien et Romain
Ce jour-là, c’était le premier jour du printemps. Tout l’hiver, Adrien, mon grand, avait bossé dur pour maintenir à flot son garage de motos. Les temps étaient difficiles et j’étais profondément admirative de son courage et son obstination à maintenir en vie sa petite entreprise.

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