Séjour à Oujda (Maroc)

12 mai 2017, avec Emilien mon compagnon, nous quittons le sol français pour rejoindre Deborah Falbo et Jérémy Fouix, comédiens et amis, sur le territoire d’Oujda au Maroc. Cette escapade de quelques jours pour y présenter notre dernier spectacle « L’éternité dans une tasse de thé », au Festival international de théâtre, organisé par Mohammed Benjeddi et la troupe Comédrama. Outre l’intérêt du séjour artistique et les magnifiques rencontres que nous avons pu faire avec des artistes étrangers, nous en avons profité également pour retourner à l’orphelinat de Jerada, afin revoir les enfants et l’équipe qui les prend en charge. Nous nous sommes également donné rendez-vous avec Abdelilah Mhattem, un jeune homme de 19 ans qui a fait des études d’Art appliqué et qui est actuellement en communication visuelle pour une balade photographique dans les rues d’Oujda. Ca fait maintenant cinq ans que j’y retourne et je ne m’en lasse pas.

Voici, quelques photos-souvenirs de notre séjour …

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12 mai 2017, nous quittons le sol français pour nous rendre à Oujda au Maroc. Ce qui est intéressant, voire surprenant, c’est le décalage qui existe entre les paysages français et marocains, vu d’en haut.

REVE PARADIS-1100259Mohammed Benjeddi, notre ami marocain, organisateur du festival international de théâtre est venu nous récupérer à l’aéroport pour nous déposer à l’hôtel des Lilas vers 23h30. Nos amis de la troupe Comédrama étaient tous là pour nous accueillir ; joie des retrouvailles.REVE PARADIS-1100236

13 mai 2017. C’est notre premier jour dans la ville et nous sommes heureux. Petit-déjeuner à l’hôtel des Lilas. Toutes les maisons sont plongées dans la pénombre ; condition incontournable pour y maintenir une certaine fraîcheur sous des températures élevées.

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Nous partons ensuite avec nos amis Déborah Falbo et Jérémy Fouix vers le grand théâtre Mohammed VI, où s’est jouée notre pièce « L’éternité dans une tasse de thé », le soir même.

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Salle de spectacle du théâtre Mohammed VI. 1200 places dans un décor de bois sculpté.

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Préparation de la régie avec Déborah et Jérémy. Emilien sera aux commandes de la lumière. C’est une grande première pour lui …

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14 mai 2017 : Déambulation dans la ville avec Emilien. Nous errons dans la médina qui ne présente aucun intérêt touristique (très peu d’artisans) mais représente un haut lieu du quotidien des habitants ; on y retrouve surtout des objets de première nécessité, des vêtements et de la nourriture. La lumière de dentelle fait son oeuvre dans tous les espaces du lieu ; c’est beau !

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Etal de boucherie dans la médina.

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La médina représente la vieille ville d’Oujda avec son cachet arabo-musulman. Elle est délimitée du reste de la nouvelle ville par ses murailles en créneaux et merlons. L’enceinte répertorie des portes à l’architecture de style arabo-andalous permettant un échange entre la ville antique et la ville moderne, parmi les portes de la médina, on retrouve la porte de Sidi Abdelwahab (Bab Sidi Abdelouahab) située à l’est, la porte d’El Khemis (Bab El Khemis) démoli en juin 1920 située au nord, la porte de Oulad Amran (Bab Oulad Amran) donnant sur la rue de Marrakech et la porte Gharbi (Bab Gharbi) à l’ouest. La porte qui reste la plus remarquable est celle de Bab Sidi Abdelwahab avec sa porte ogivale encadrée de deux bastions au-dessus de laquelle le makhzen faisait accrocher les têtes coupées des rebelles d’où son nom de « porte des têtes ». Près de la porte de Sidi Abdelouahab, on trouve un souk hebdomadaire, se tenant chaque jeudi sur une place à l’extérieur des murailles de la médina.

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La ville compte une population de 494 252 habitants, selon le dernier recensement général de la population en 2014,  faisant d’elle la 8e plus grande ville du Maroc. La ville est bordée à l’est par l’Algérie, au nord par le Rif oriental  (plus précisément la province de Berkane) et la mer Méditerranée,  à l’ouest par la province de Taourirt et au sud par la province de Jerada. Elle se situe à 5 km à l’ouest de l’Algérie, à 52 km de la plage de Saidia, à 60 km de la ville de Berkane, à 140 km de la ville de Nador et à 152 km de l’enclave espagnole deMelilla, au sud par la ville de Jerada.

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Une des nombreuses ruelles de la médina.

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Couleurs ocre, rouge et bleu de la médina

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Une des voies principale de la ville d’Oujda avec sur la gauche la première banque du Maroc.

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Oujda, la Cité millénaire est une ville chargée d’Histoire : elle a été fondée  vers l’an 994 lors de la conquête arabe. Ville  frontalière  située à une vingtaine de kilomètres de  la frontière avec l’Algérie, elle a vu se dérouler, au cours des siècles de nombreux combats entre tribus rivales. Les Français l’ont occupée en avril 1907 jusqu’à l’Indépendance du Maroc. Auparavant, de 1843 à 1847, l’Emir Abd El-Kader, réfugié aux alentours, continua la lutte contre les troupes françaises qui envahissaient son pays. Après la bataille de l’Oued Isly, remportée par la général Bugeaud contre les Marocains qui signent le Traité de Tanger, l’Emir devra se rendre, les Marocains ayant fait alliance avec les Français…

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Ici une des 400 mosquées de la ville sur l’avenue principale de la ville d’Oujda. Sur cette même place s’élèvent le minaret de la Mosquée et les clochers de la première église chrétienne Saint Louis d’Anjou; magnifique symbole de tolérance.

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14 mai 2017 – En route vers l’orphelinat de Jerada à 1h d’Oujda, en taxi.

Les taxis besogneux et en quantité innombrable quadrillent la ville d’Oujda, parfois en contingents de cinq ou six véhicules.  Avoir un taxi à Oujda est une entreprise prospère.  Afin de rentabiliser au maximum l’assurance, la vignette et tout le reste, deux à trois chauffeurs se relayent sur le même véhicule, souvent en piètre état nonobstant la visite technique en bonne et due forme. Bien sûr, ça roule à l’essence algérienne très bon marché mais ça facture à la marocaine.  Les arrêts répétés ainsi que d’autres manœuvres rendent le taximètre obsolète. On finit par payer d’avance la course, ce que décide le taxi driver qui ne demande jamais au premier client la permission d’en prendre un deuxième, un troisième, un quatrième … On peut se retrouver à deux passagers à l’avant avec le conducteur.

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15 mai 2017 : Visite de l’orphelinat de Jerada, avec la compagnie de théâtre On ose qui a donné pour l’occasion un petit spectacle de clown improvisé. Un joyeux moment de fête malgré les difficultés de gestion de cet établissement.

Reportage sur l’orphelinat en cliquant ici : Orphelinat de Jerada (Maroc) : Etat des lieux

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15 mai 2015 – Promenade photographique avec Abdelilah Mhattem qui nous a fait le plaisir de nous faire visiter des coins moins touristiques de la ville…

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Le vieux cimetière français. Quand nous avons voulu entrer dans l’enceinte de celui-ci, le gardien a interdit l’accès à Abdelilah, malgré le fait que nous lui avions précisé que c’était notre ami. Il nous a indiqué qu’il était tenu d’interdire l’entrée aux Marocains car il y avait eu des actes de vandalisme par le passé. Les tombes sont en très mauvais état et le terrain mal entretenu ; malgré cela, il règne l’atmosphère d’un passé colonial très chargée.

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Les transports ferroviaires d’Oujda. Dès 1910, un premier tronçon ferroviaire fut construit, reliant Oujda à Maghnia (Algérie). Puis le chemin de fer s’étendit jusqu’à Fès en 1924, à Bouarfa et ses mines (1929), à Ghazaouat (1935) puis Béchar/Colomb Béchar (1941) et Knadsa (1948). C’était l’amorce du projet ferroviaire transsaharien devant mener au Niger. Oujda et la région de l’Oriental marocain devenaient ainsi un lieu stratégique dans la perspective d’une plus grande intégration du domaine colonial français en Afrique du Nord, via ces infrastructures. Les indépendances maghrébines et les égoïsmes nationaux qui en découlèrent mirent fin à ce projet.

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Un des lieux favoris de Abdelilah Mhattem pour la photographie. Une impasse qui nous conduit à l’arrière d’une rue principale et chargée d’une ambiance particulière.

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Visite du lycée Technique Mahdi Ben berna d’Abdelilah Mhattem où il a suivi un cursus artistique. Une partie de celui-ci n’est plus utilisée mais est resté en l’état. De vieilles machines et de vieux outils d’origine française sont les derniers témoins de l’époque coloniale.

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Des outils très communs, enfermés à double tour dans un placard grillagé, comme un trésor de musée, qui donne à l’ensemble une allure de tableau.

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La verrière de l’accueil du lycée avec son lustre en verres en plastique ; nous sommes dans un lycée qui forme de futurs artistes et les murs du bâtiment sont couverts des travaux des élèves.

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Visite du lycée Omar ibn Abdelaziz à Oujda.

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Une enfilade de couloirs toujours très contrastés grâce aux jeux de lumière.

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L’espace sportif du lycée qui côtoie les nouvelles constructions de la ville.

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Une des salles de classe du lycée. Pas très grande, assez sombre (je suppose, conçue pour limiter la chaleur écrasante du pays), les vieilles tables en bois sont recouvertes de graffitis.

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16 mai 2017, notre dernier jour à Oujda. Nous nous rendons à pied, pour la dernière fois, au grand théâtre Mohamed VI pour y voir un spectacle chinois. Nous profitons de ces derniers instants sous le ciel magique du soir couchant de la ville.

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Cette partie de la ville sépare un habitat ancien et traditionnel, des nouvelles constructions d’Oujda. Menacé par le projet Saïdia Med, la faune et la flore du cours d’eau qui de la Moulouya, qui sépare les deux zones, risque de disparaître. C’était un joyau du paysage des grands plateaux Marocain dominé par le chef-lieu de L’Oriental Oujda.

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Oujda, une ville qui a reçu beaucoup de financement du roi du Maroc pour investir dans la construction et notamment développer le tourisme et les affaires.

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Oujda, en plein essor, avec des chantiers de construction partout dans la ville ; à gauche sur la photo, la nouvelle gare.

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Au-dessus du territoire marocain, retour chez nous. Merci les amis et à bientôt …

 

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6 Comments

  1. Woww quel voyage, merci. Cela me rappelle mon voyage à 20 ans, sac à dos, toute seule. Que de belles rencontres, ça fait si longtemps j’ai 72 ans maintenant. Tout a changé mais quelles belles photos, tout a changé et tout est là. Merci

    Aimé par 1 personne

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