Thomas Simonin

Il s’appelle Thomas Simonin, il est célibataire, a 23 ans et partage sa vie entre Torcy (71) chez ses parents et Paris pour ses études à l’école de cinéma de Luc Besson, où il se prépare au métier de scénariste.

J’ai rencontré Thomas à trois reprises sur des projets photographiques. Un jeune homme très discret, soucieux de répondre au mieux à mes exigences de mises en scène. Nous avions alors très peu échangé (moi qui aime tant faire connaissance avec les personnes que je croise) repartant comme il était entré, sur la pointe des pieds. J’ai cependant beaucoup aimé le rencontrer.

Il m’a ensuite contacté pour me dire son intérêt à participer à ce projet de reportage. Inutile de vous dire à quel point j’étais impatiente de l’écouter se livrer. A chacune de mes questions il a répondu avec la précision d’un horloger, toujours avec ce désir de trouver les mots justes, faisant du temps un véritable allié à sa réflexion. Il fait partie de ces personnes qui dégagent un je-ne-sais-quoi, dotées d’une telle sensibilité qu’il est difficile de s’en faire une idée précise. C’est un être subtil et d’une grande intelligence.

Je vous laisse le découvrir … Merci Thomas !

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« J’aime ma capacité à tout simplement accepter. C’est le remède à tous les maux. Devant chaque souffrance, l’acceptation est le meilleur moyen de trouver une source de réconfort. J’aime ma capacité à pardonner. C’est un acte tellement fort à offrir à quelqu’un ou à soi-même. Je crois que ma plus grande faiblesse est de chercher à voir le meilleur chez les autres. C’est une force, mais c’est aussi une fragilité. Il me paraît dur de voir du positif dans une société où les discriminations n’ont jamais été aussi fortes, les violences devenues presque banales. Des personnes comme Marine Le Pen, Donald Trump, ces gens remplis de haine… Il ne faut pas oublier qu’ils sont ici car on leur a donné la permission de l’être. Il me paraît dur de voir du positif dans un monde où nous sommes aliénés par la pub, les films de super-héros post 11 septembre, la télévision, les réseaux sociaux qui font de nos émotions un pur produit de consommation. Je suis dégoûté par les peurs égoïstes de ce monde, mais c’est en même temps fascinant. « 

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« Contrairement à beaucoup de familles, j’ai eu la chance de grandir avec des parents qui sont toujours restés ensemble. Je pense qu’il y a de quoi être admiratif et c’est une chose qui peut en transmettre plein d’autres positives. »

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« En maternelle, je me souviens que je passais chaque récréation assis sur un banc, regardant mes camarades de classe. Je ne sais pas à quoi je pensais. Je me souviens aussi qu’une fille de ma classe venait toujours se poser à côté de moi, me parlait, on riait ensemble en restant dans la bulle qu’on avait créée. Un jour, j’ai quitté mon banc et j’ai commencé à aller voir les autres. Je n’ai jamais revu cette fille. »

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« Mon frère jumeau et moi sommes très différents. Il s’intéresse au foot, fait des études en Histoire. Je m’intéresse aux arts, essaye d’en faire ma vie. On ne se ressemble pas mais nous avons en commun d’être chacun sur une route où l’on réussit et pouvons être fiers du parcours traversé. « 

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« Pour ce qui est des nombreuses poupées de la maison, j’avouerais ne pas vouloir en parler dans le sens où c’est quelque chose qui est propre à ma mère, et ce serait à elle de raconter ça si elle en estime l’envie… Enfin, je ne pense pas que ce soit à moi d’en parler. »

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Thomas avec son père

« Je vois peu ma famille depuis que je suis à Paris. J’ai beaucoup de choses à faire et pas toujours l’argent, mais ça fait toujours du bien de revenir chez soi auprès des gens avec qui on a grandi. « 

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« Ces coupes représentent les nombreuses choses que j’ai pu faire enfant. J’ai fait du clavier, de la natation, de la gymnastique, et bien d’autres choses. Je ne m’imagine pas une vie où je fais constamment la même activité. J’ai envie de tout découvrir sans que cela implique des exigences ou des fantasmes de ma part. J’ai juste envie de donner et recevoir ce que le monde peut apporter. Mes réussites d’aujourd’hui me permettent de comprendre que mon histoire sera pleine d’événements et de moments de grâce et d’espoir. »

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« Je ne veux pas imaginer l’avenir de ce monde. Je pense cependant que la bonté est la chose la plus pure et gratuite que la vie nous donne. Je rêve d’être sur une Terre où la bienveillance est la graine de chaque plante. »

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« Mon rapport avec ma propre image est un instrument. J’aime prendre des risques, cela permet de voir jusqu’à quel point je suis capable d’accepter cette image et comment je la respecte. « 

(Thomas s’expose sous l’objectif de nombreux photographes.)

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« J’ai commencé à beaucoup lire au lycée, mais pas grâce à l’éducation Nationale. J’ai commencé avec « A l’est d’Eden » de John Steinbeck, un livre que je ne cesse de relire et qui me fait toujours autant réfléchir. J’essaye de toujours découvrir des histoires variées mais fortes et touchantes. « 

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« Ma chambre c’est l’endroit où j’aime être seul, m’enfermer quand j’ai besoin de penser ou méditer. »

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« Ecrire transforme mes peurs en forces. Ce n’est pas un exutoire. Quand j’écris, je pense. Parfois, j’imagine des choses qui me font du mal. La perte, le deuil ou la peur de ne pas aimer ou être aimé correctement. C’est la sensation la plus dure. Elle rend mauvais, égoïste, parfois cruel. J’écris une série en ce moment qui gravite autour d’un groupuscule religieux qui s’en prend à une famille dont la matriarche est un ancien membre. Je suis aussi sur un nouveau recueil d’écrits et une nouvelle. »

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« Mon livre réunit différents écrits que j’ai posés sur le papier quand j’étais au lycée ou encore à la fac. Je les ai retrouvé en déménageant à Paris pour faire mes études scénaristiques. J’ai voulu en faire quelque chose. Je ne m’en souvenais plus vraiment, et ça m’a permis de voir le trajet que j’ai fait. J’ai le sentiment d’avoir quelque chose à partager avec ces quelques pages. « 

Résumé de son livre « ANGELI DOLORIS » : « L’engrenage dans mon cœur fonctionne toujours, il montre des difficultés mais il se bat. Cela veut sûrement dire que j’ai encore des choses à offrir. Mais est-ce que j’ai grandi ou le monde l’a-t-il fait sans moi ? La question n’a plus besoin d’exister quand je me laisse porter par la vie, un morceau de plomb devient de l’or. Mes yeux questionnent l’avenir pour finalement se tourner vers le présent. Mes attentes pour le futur se font moins fortes et viennent naturellement. Je me souviens d’une certaine beauté tourmentée par la peur de ce qui nous entoure, comme un oiseau trop fragile pour déployer ses ailes. Je me souviens d’un sourire pour cacher les maux, une réminiscence trop fragile pour ce monde. Angeli Doloris, c’est la copie carbone de quelqu’un que j’étais. »

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« La musique c’est l’art qui réunit le plus les gens à mes yeux. David Bowie, Kurt Cobain, Bob Marley… Nous sommes plusieurs générations à connaître des personnes de cultures et milieux différents et ils nous offrent leur sensibilité pour nous réunir autour d’un intérêt commun : la musique. Elle traverse le temps et les frontières qui nous séparent pour qu’on se ressemble. »

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« Supposons que la vie est une page blanche et que nous avons un crayon pour dessiner. On est seul devant ce morceau de papier et on a le choix de faire ce que l’on veut. On peut comprendre qu’il n’y a personne, aucun ordre, aucun pouvoir qui devrait nous dicter à quoi devrait ressembler l’oeuvre qu’est notre vie. Il me semble important de toujours laisser une place importante à la générosité et à la bienveillance. Peu importe les déceptions, les trahisons, c’est à nous de continuer à créer. Il nous faut cependant ne pas oublier que le mal attire le mal, et le bien attire le bien. Parfois, il y aura des moments douloureux, mais c’est ce qui nous donne aussi notre humanité, et en traversant certains chemins faits de peines on peut aussi croiser de véritables instants de magnificence. « 

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« J’aime être entouré d’animaux. Il y a une forme d’amour et d’affection qui va au-delà du langage humain. Ils sont comme nous tous, en vies et sensibles. C’est important de respecter et aimer tout ce qui vit. Peut-être qu’il y a chez eux quelque chose que je ne trouve pas chez l’Homme. »

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« Mon premier tatouage sont les paroles de la chanson « High & Dry » de Radiohead. En terminale je me posais souvent dans mon appartement avec un ami que j’estimais comme un frère, on écoutait de la musique, échangeait nos réflexions sur le monde. J’écoutais constamment ce morceau, partout. Quand je n’avais pas d’écouteurs, les mots résonnaient dans ma tête. C’était une année très dure. J’étais constamment triste, addict, et j’ai fait beaucoup d’erreurs, perdu le respect de personnes que j’aimais. Maintenant je regarde ces paroles et je me souviens de ce que je suis devenu entre-temps. Je comprends que j’ai ma chance. Mon deuxième tatouage est simplement un triangle. C’est un équilibre entre le courage, la volonté et l’intuition. Mon troisième tatouage représente un ange avec des branches d’arbres qui lui sortent des yeux. Nous sommes tous des anges tourmentés de peurs et de craintes. On a des ailes, on a toujours la possibilité de s’élever. »

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« Je ne trouve pas un adjectif en français pour le mot anglais « home ». Nous avons « maison », mais pas de termes pour définir un endroit qui est à la fois l’endroit où on vit mais surtout où on se sent bien et apaisé. Je suppose que « home » définit ce que j’imagine de l’endroit où j’ai grandi, ce lieu où on revient toujours. »

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« Je cherche la paix. Je sors, en évitant de prendre mon portable, et je marche pour calmer mon esprit. C’est dans la nature que se trouve la vérité. »

 

 

 

7 Comments

  1. Quelle sensibilité! Elle me touche car je m’y retrouve, d’ailleurs elle était plus vive quand j’étais jeune. Je me suis un peu « blindée » avec le temps pour pouvoir vivre en ayant conscience de la bêtise et la cruauté dont peuvent faire preuve les êtres humains. Pendant longtemps, je l’ai considérée comme un fardeau mais j’ai appris à l’apprivoiser et à en faire une alliée même si quelque fois encore elle me joue des tours, mais je l’accepte car elle me fait moi.Je réalise que je parle de moi…
    Je souhaite un bel avenir à Thomas et je suis admirative du fait qu’il mette à profit sa sensibilité dans son avenir professionnel.
    Merci Hanicka pour tes portraits émouvants dans lesquels je me retrouve parfois et qui me font me sentir moins seule dans ma façon de ressentir le monde.

    Aimé par 2 personnes

  2. Belle personne et belle âme que ce Thomas. On a juste envie de partager une promenade avec lui pour faire plus ample connaissance. Il y a une pureté qui se dégage de son portrait.
    Thomas, je te souhaite de réussir dans se que tu as entrepris. Surtout, garde cette beauté intérieure intacte. Ne laisse pas le monde t’abimer.Tu sembles un garçon plein de délicatesse et de respect pour l’autre. Garde ta belle âme…..stp!

    Aimé par 1 personne

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